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BRENT, DIRECTEUR DE LA SAG

« Le comité préfectoral pour le développement de Siguiri qui reçoit les 0,4% à l’heure actuelle avec ce que nous sommes entrain de produire, ils ont un budget déjà qui va à plus de 600.000 US dollars »

 

La SAG, Société AngloGold de Guinée, est une compagnie minière sur laquelle les autorités à tous les niveaux ne tarissent pas d’éloges. Pour savoir le secret de cette performance, nous avons rencontré le DG à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle usine de la SAG, avec lequel nous avons fait le point de la situation.

 

La Nouvelle Marche : Monsieur le Directeur, nous avons assisté à l’inauguration de la nouvelle usine CIP de la SAG.  Vos impressions ?

 Horochuk Brent : Dans l’histoire de la SAG, si on regarde un peu en arrière, on va constater que, à peine deux ans, la SAG avait eu des problèmes. Elle a été victime d’un embargo. Et ensuite, elle s’est relevée. Mais voir lors de cette cérémonie, une multitude de visiteurs de grand calibre, un nombre incalculable d’associations, des institutions internationales qui ont été représentées, qui sont venues ici, pour nous c’est vraiment une joie, un honneur qu’on ne saurait décrire. En plus de ça il y avait la presse internationale, ce n’était pas seulement une fête locale. C’était un moment aussi où l’on devrait voir au grand jour cette collaboration, ce partenariat entre Anglogold le Gouvernement guinéen et la SAG. Tous ceux qui sont pris la parole ce jour là ont mis un accent particulier sur cette interaction entre le gouvernement et la SAG et ils ont tous souhaité que ce partenariat aille de l’avant. Beaucoup de personnes ne savaient vraiment pas ce que la SAG représentait. Ils ont eu l’occasion maintenant de venir à la SAG et de voir ce que nous faisons et de comprendre que la SAG possède un investissement majeur et qu’elle joue un rôle principal dans l’économie de la Guinée. Si on regarde un peu toutes les autorités qui sont venues, que ce soit  au niveau préfectoral, régional et même communautaire, nous avons eu des diplomates et même les fonctionnaires du ministère chacun voulait voir vraiment la SAG, et puis comparer ce qu’on voyait sur place avec ce qu’on lisait dans les journaux. Faire un tel voyage, de Conakry à Siguiri, ce n’est pas chose facile. Donc, cela est vraiment un acquis. Nous avions d’abord parmi nous le Ministre, son Excellence, qui a passé une nuit ici avec nous. Et ça d’ailleurs c’est la seconde fois qu’il nous fait cet honneur de rester avec nous. Et, dans son entourage il y avait pas mal de monde. Il y avait le Ministre des Finances, le Ministre de l’Environnement, le Secrétaire Général du Cabinet Particulier et bien  d’autres. On ne pouvait vraiment pas espérer mieux !

 

Peut-on savoir ce qui va changer ?

 

Alors là encore nous pouvons faire un retour sur l’histoire même de la société. Nous avions d’abord un système de traitement qui était « Heap Leach», c’est-à-dire lixiviation en tas. Cela a commencé en 1998. Et, graduellement, on s’est maintenant dirigé vers le nouveau système, qui est le carbone dans la pulpe. Nous savions déjà que le procédé « Heap Leach » tirait déjà à sa fin, parce que le ciment était trop cher et il y avait d’autres intrants aussi qui devenaient beaucoup plus chers. En plus de cela, le taux de récupération n’était vraiment pas le meilleur. En terme de méthode de transformation ou de traitement, il y a déjà une très grande différence entre les deux systèmes. Le deuxième système, c'est-à-dire celui du carbone dans la pulpe, nous arrivons à avoir un taux de récupération de 99% à l’heure actuelle. Alors que l’ancien système, la lixiviation en tas, c’était à peine si vraiment on restait dans les 70 à 75% de récupération. En terme de la production même de l’or, nous savons qu’avec le nouveau système, avec le taux de récupération, on avoisine maintenant les trois cent mille onces par an (300.000 onces/an). Alors que l’ancien système, avant l’embargo, à peine on atteignait les deux cent cinquante mille onces (250.000 onces). Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire simplement qu’il y a eu une augmentation dans la production. Que veut dire cette augmentation ? Plus il y a de l’or, plus le gouvernement  reçoit des royalties. En plus de ça, plus on a de l’or, plus ça renfloue non seulement les caisses de l’Etat, mais même de la préfecture. Ce qui fait que le comité préfectoral pour le développement de Siguiri qui reçoit les 0,4% à l’heure actuelle avec ce que nous sommes entrain de produire, ils ont un budget déjà qui va à plus de 600.000 US dollars. Rien que ça, ça encourage vraiment la population locale.

 

Quelles seront les retombées pour les Siguirikas ?

 

Disons, prenons par exemple, un des projets qui a été achevé grâce à ces retombées, c’était par exemple le terrain de football qui a été construit pour permettre à notre équipe les ‘’Golden Boys’’ de pouvoir évoluer sur un terrain vraiment acceptable. Et ceci a amené ces derniers à travailler dur et obtenir leur promotion en première division. Je peux déjà vous dire que les trois premiers matches, ils les ont joué et n’ont perdu aucun match. Ça c’est vraiment encourageant. Quand on regarde l’inauguration, pour beaucoup de gens, c’était une grande première parce qu’ils ne sont pas d’ici. C’était vraiment le premier résultat positif pour la SAG. Mais pour ceux qui vivent ici, ce n’était qu’une confirmation des acquis qu’ils ont. On ne pouvait pas vraiment arriver à ce stade là si Anglogold Ashanti n’avait pas réinvestit en faisant confiance à la SAG et en renforçant les structures de la SAG pour faire de celle-ci une structure beaucoup plus viable et prospère.

 

Comment gérez-vous les problèmes de la communauté ?

 

Si on regarde un peu en arrière, un peu après 1 an et demi, nous avons en énormément de défis que la préfecture nous a apportés. Généralement ce que nous faisons, on s’assoie toujours autour d’une table, on étudie le problème à fond et on essaie de regarder tous les contours des problèmes. Ce qui est clair, à la fin, on revenait toujours avec une idée acceptable pour toutes les parties.

 

Il faut savoir que chaque jour nous avons plus d’une trentaine de problèmes qui sont presque similaires. Les problèmes des demandes d’assistance à gauche et à droite. Mais ce que nous avons toujours fait à cause de la coopération qui existe entre la préfecture et nous, c’est que nous avons toujours pris le temps d’étudier ces problèmes et de voir ceux qui ont un impact beaucoup plus positif sur la généralité des communautés. Et c’est à ces problèmes qu’on a souvent apportés des  éléments de réponse.

 

Le problème des relations communautaires est beaucoup plus important parce que c’est dans le cœur de la société. Et, par conséquent nous devons mettre un accent particulier sur les rapports communautaires. Et, en plus de ça depuis que la SAG est implantée ici, il y a eu énormément de choses qui ont été faites, beaucoup de projets qui ont été réalisés.

 

Mais malheureusement, ces projets n’étaient pas toujours bien appréciés au niveau de la population, parce que les gens n’avaient pas les informations adéquates. Et par  conséquent, quel que soit ce qu’on faisait les gens n’appréciaient pas ce que nous faisons. Mais, cette fois-ci, il fallait maintenant changer de fusil d’épaule afin qu’on puisse faire quelque chose, que les gens apprécient et sachent aussi ce que nous faisons.

 

Il ne suffisait pas de simplement écouter le directeur général. C’est pourquoi  j’ai décidé d’ouvrir nos portes aux journalistes pour leur dire : «  venez et voyez, ne vous contentez pas seulement d’entendre, mais de voir. Parce que la meilleure manière de convaincre quelqu’un, c’est qu’il puisse voir de ses propres yeux ce qui est entrain d’être fait ».

 

Depuis un an maintenant, c’est ce que je suis entrain de faire. Je pense que les gens sont entrain d’apprécier à juste titre le bon travail que la SAG est entrain le faire. Je pense que la vérité va toujours triompher et fermer la bouche à nos détracteurs.

 

Que faites-vous pour l’environnement ?

 

Alors là encore, nous allons repartir dans l’histoire. En ce sens que si nous regardons le premier procédé, c'est-à-dire la lixiviation en tas, celui-ci nécessitait qu’il y ait une pléthore de puits qui étaient ouverts et exploités. Ceci faisait qu’on ouvrait beaucoup plus de cratères qu’on ne faisait les réhabilitations. Cela a changé avec le nouveau procédé. Mais, Le problème n’est pas seulement celui du remplissage des trous, nous avons pensé tout comme le CEPRALAC, d’ailleurs qui partage les mêmes idées que  nous, qu’on ne parle pas seulement de planter des arbres, qu’on ne parle pas seulement de remplissage de trous, mais qu’on voit aussi dans quel domaine on peut assister et aider les populations avec certains problèmes tels que les champs et autres.

 

La SAG est une subsidiaire d’une très grande société qui dépense énormément dans la réhabilitation du couvert végétal. Et, ils ont été vraiment déçus de voir que nous n’avons pas fait assez. Et maintenant, ils ont mis en place un programme qui a été présenté aux ministères des Mines et de l’Environnement. Ils ont apprécié ces plans et je pense d’ailleurs que l’autre personne que vous devrez interviewer c’est docteur Sylla qui est chargé de donner toutes les informations sur le plan de la réhabilitation du couvert végétal et tout ce que nous avons comme végétation. Parce qu’énormément de fonds sont débloqués pour que cette activité soit quand même une activité réussie.

 

Lors de votre visite, vous avez pu constater qu’il y a tout un département consacré à ce volet. Nous avons aussi un certain nombre d’espèces locales que nous cultivons dans la pépinière de la Société pour la restauration des domaines dévaster. A ce niveau, nous vous informons qu’il est prévu un budget de 7 millions de dollars US au cas où il y aurait une fermeture inattendue de l’usine. Ce montant nous permettra de faire face à toutes nos responsables. Mais, au fur et à mesure que nous réalisons les choses dans la restauration du couvert végétal dans le planning établi, ce montant de 7 millions va  en décroissant. Il faut signaler qu’une équipe d’environnementalistes venue de Conakry et de Kankan était là pour inspecter tout ce que nous faisons ici dans ce cadre. Nous avons eu des réunions avec eux au cours desquelles nous avons répondu à toutes leurs questions. Des points de vue ont été aussi échangés dans le sens de l’amélioration du travail sur le terrain. Un mémorandum final a été fait avec toutes les critiques et suggestions possibles.

 

Interview réalisée par

Bouaré Moussa

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